Comparatifs de la mort
«
Habillez-vous les enfants ! On va être en retard !
Qu’est-ce que je mets ?
Tes habits du dimanche enfin ! Et dépêche-toi !
J’ai pas envie d’aller à la messe moi... (sanglots)
Tu viens ! Et pas d’histoire (en effet, les histoires c’est pas avant mais pendant la messe) !
Mais... (interruption par une torgnole)
»
Et c’est ainsi que chaque dimanche matin je fus tiré de mes activités culturelles pour me rendre à l’office dominical, affublé de vêtements qualifiables de "classiques", même par une bande de truffes à serre-tête assistant aux JMJ.
"Éli, Éli, lema sabachtani ?" énonça de son langage alambiqué dans un dernier effort le pauvre type sur sa croix (ce que nous avons coutume de traduire par : ’"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?"). Il devait en baver, à en juger par sa maigreur et par les multiples plaies parsemées sur tout son corps. Quelques passants s’amusaient en plus à lui jeter du sable ou des cailloux, ce qui n’arrangeait rien. Bref il délirait grave.
Je m’approchai d’un spectateur pour le questionner sur cet homme :
"- De quoi est reconnu coupable cet homme ?
- Et bien ce n’est pas compliqué, il a été reconnu coupable de viols et meurtres sur mineurs. Si cela ne tenait qu’à moi, la sentence aurait été de lui couper les parties intimes avant une bonne lapidation !
- Et quel est son nom ?
- On le surnomme De Nazareth. Jésus De Nazareth’
Ainsi donc ce supplicié était pédophile et meurtrier. Voici qui ne manquait pas de sel à cette époque où c’était pourtant une pratique courante. En questionnant plus longuement quelques personnes je parvins à reconstituer l’histoire de cet homme, que d’aucuns, bien des années après, élevèrent jusqu’au statut de Messie.
C’était un personnage de basse extraction. Son père Joseph, mort alors qu’il était encore jeune, était menuisier de son état. Les causes de sa mort restèrent inexpliquées pendant longtemps. Pourtant, au vu de l’existence de Jésus, on peut aisément deviner que son père pratiquait des attouchements contre nature avec sa progéniture. Ce que Jésus, devenu un peu plus grand, ne put supporter plus longuement : alors que Joseph s’apprêtait à le rejoindre dans son petit lit douillet, Jésus lui creva les deux yeux avec un ciseau à bois. Puis il l’acheva en lui transperçant le corps avec un pieu qu’il avait aiguisé à cet effet pendant son temps libre.
Son adolescence fut assez perturbée : ses échecs répétés auprès de le gente féminine le rendirent turbulent en classe et il fut plusieurs fois renvoyé d’établissements scolaires. Ne voulant pas devenir charpentier comme son détesté père, il vécut de rapines diverses, la plus constante étant la contrebande avec les pays voisins pour faire entrer sur le territoire quelques produits illicites.